Vérités  sur  l'Algérie...

                                        ...d'avant 1962.




                    " Peut-être que votre professeur d’économie vous a enseigné que la pauvreté du Tiers-Monde est l’héritage de la colonisation. Quel non-sens ! Le Canada a été une colonie,
                   comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande ou Hong-Kong. En fait le pays le plus riche du monde, les Etats-Unis, fut jadis une colonie. Par contraste, l’Ethiopie, le Liberia, le Tibet,
                    le Sikkim, le Népal et le Bhoutan ne furent jamais colonisés et pourtant ils abritent les populations les plus pauvres du monde…
 » 
                     
Walter William -  Africain Américain  Professeur d'économie à l'Universitée de Virginie (Etats Unis)






 
 
    

                                                                       LES  COLONS ET PIEDS NOIRS 3     

  
Avec plus d’un siècle de retard…
   En ce qui concerne l’agriculture, dans les régions céréalières, le revenu des exploitations était très faible à l’unité de surface, huit à dix fois inférieur au revenu des bonnes terres céréales de France. Un exploitant de 100 ha n’était pas plus riche que son collègue métropolitain exploitant 12 à 15 ha. Dans la principale zone céréalière de France  (Beauce, Brie, Oise, Aisne, Champagne, Berry), le nombre des domaines de 200 à 500 ha est proportionnellement beaucoup plus important que celui des domaines de 1 000 à 2 000 ha des plaines à céréales d’Algérie. Dans toute la France, et notamment dans les régions qui viennent d’être citées, on assiste actuellement, et avec plus d’un siècle de retard, au phénomène qui a détruit le petit colonat en Algérie.
  La paysannerie a lâché prise au profit de grosses entités de production appartenant à des individus isolés ou à des sociétés. Les domaines de 200 à 500 ha sont de plus en plus ombreux, souvent un par village, les autres exploitations du village (de 5 à 10) se partageant une surface équivalente. Quelques domaines atteignent 1 000 à 2 000 ha.

  Sans la viticulture, les fermes françaises d’Algérie étaient en général plus à l’aise et leur revenu dépassait sans doute celui de la viticulture moyenne du midi de la France, mais certainement pas celui des productions métropolitaines en appellation contrôlée.
  Les gros propriétaires des vignobles et des marques de Champagne ou des châteaux renommés de Bourgogne et du Bordelais n’ont rien à envier, même à Borgeaud.
  Pour ce qui est du grand commerce et de l’industrie, ces secteurs étaient pratiquement inexistants en Algérie avant l’implantation des complexes pétroliers, d’ailleurs financés de l’extérieur et coïncidant avec les « évènements ». La France en revanche, foisonne de riches industriels.
Louis Henry    (source Historia – La Guerre d’Algérie - n°339)

     6 février 2016
  En 1949, l'éminent géographe Jean Despois écrit:  "...en fait, c'est la colonisation qui a le plus contribué aux progrès rechniques; c'est elle qui, par l'exemple, a amené, au moins en certaines régions, l'amélioration des procédés de culture des indigènes; c'est elle, enfin, qui a permis de vivre à une population de plus en plus abondante, par les nombreux salaires réguliers qu'elle a distribué aux ouvriers agricoles et par le travail saisonnier qu'elle a fourni aux petits fellahs trop à l'étroit sur leurs terres." 

                                                                                                                   
*****
   
       28 mars 2019   

    Possession des terres.  Source:  Un drame Algérien de Eugène Vallet  Ed de 1948
     " 800.000 français alimentent presque seuls le budget algérien, en payant huit fois plus d'impots que les huit millions d'indigènes qui peuplent aujourd'hui l'Algérie, alors que la fortune publique est restée entre les mains de ces derniers, dans la proportion justifiée par leur nombre. Appuyons par des chiffres cette affirmation.
      Dans une brochure publiée en 1939 par les services de l'Economie Sociale du Gouvernement Général de l'Algérie, au sujet de l'artisanat indigène il est précisé que les indigènes algériens cultivaient:
      - 1.022.000 ha de blé sur 1.308.000 ha. Ce qui permet de dire que la culture européenne ressort à 286.000 ha.
      - 1.152.000 ha d'orge sur 1.202.000 ha d'ou une part, pour l'européen de 110.000 ha.
      -  15.823 ha de tabac sur 22.289 ha d'ou une part de 6.466 ha pour l'européen.

   On ajoute que les "indigènes possédent la presque totalité du bétail" 170.000 chevaux, 773.000 bovins, 5.181.000 ovins, les 6/7 des figuiers, les 5/8 des oliviers, à peu près tous les palmiers du sud.
   Et voilà, d'un seul coup, brisé le slogan abominable que répandent en France certains partis affirmant que le colon français a réduit en un état d'esclavage le malheureux indigène algérien, dont la misère justifie ainsi les révoltes et les soulèvements.
   Les chiffres ainsi relevés dans un document officiel démontrent que l'indigène est maître chez lui, dans les 7/8 des territoires algériens. Sur les 7/8 de la superficie ainsi fixée, il ne saurait donc y avoir d'esclavage. Restent les terrains occupés par la colonisation française, soit 1/8. Or, il est démontré que c'est là, précisément, que l'indigène a, dans le passé, au cours des crises les plus graves, le moins souffert de la misère. Esclavage? misère provoquée par nous ?
   Comment expliquer alors que, depuis trente ans, les achats de terres par les indigènes aux français sont plus considérables que les achats faits par les Européens aux indigènes ?

  La vérité est que la colonisation française n'a pas refoulé l'indigène. Elle a créé de la richesse en mettant en valeur des champs incultivés depuis des millénaires. Elle a défriché d'immenses étendues envahies par la brousse, les a transformé en campagnes de France, en prairies, en vignes, en champs de céréales. Elle a donné du travail rémunérateur aux autochtones inoccupés jusqu'alors. La protection française a abouti à ce résultat, en un siècle, de faire passer une population de 2 millions d'êtres humains à 8 millions."

  (Cahier du Centenaire Vol III)
  
Les premiers colons portent des noms bien français, par la suite viendront s'ajouter des colons étrangers venat des îles méditerranéennes: Malte, la Sicile, la Sardaigne, les Balèares, de l'Italie napolitaine ou de l'Espagne andalouse. Des gens acclimatés d'avance, entrainés à des paysages, des cultures, des genres de vie quasi africains. Leur venue a été une contribution importante à la constitution de la race nouvelle.. On estime que les colons d'origine française et étrangères s'équivalent à peu près. En 1886 les colons étrangers étaient au nombre de 203.169 contre 219.627 français.

" Il s'avère que l'Algérie a une puissance propre d'assimilation. Aucun clivage n'est apparu dans le bloc des colons européens. Il s'est développé un ciment de patriotisme local très fort. 
  Les colons, quelle que soit leur origine, sentent en Algériens. Pour régulariser ce mouvement, l'administration est bien armée par le service militaire obligatoire et par l'organisation de l'enseignement"

  Enseignement et militaire:  en 1930 une universitée organisée à Alger, trois lycées Alger, Oran et Constantine. Des cllèges et un grand nombre d'écoles primaires. Le tout lié à une académie avec un Recteur à sa tête.
  Fils d'étrangers et fils de français passent leurs brevets ou leur baccalauréat et font leur service militaire soit en Algérie, soit en France.

   Rajout du 19 déc 2025
   Source:  "Le 13ème Convoi"  Jacques Roseau et Jean Fauque
    Arrêté de la République Française du 28 sept 1848 qui définit les modalités de la colonisation de l'Algérie et signé de Lamoricière.

    - Art 7: immédiatement après leur arrivée en Algérie, les colons cultivateurs ou ouvriers d'art seront provisoirement installés sous la tente ou dans des baraques
   préparées pour les recevoir.
    - Art 8: les colons recevront gratuitement une habitation que l'Etat fera construire dans le plus bref délai possible et qui satisfera strictement aux besoins de 
   l'exploitation agricole; un lot de terre dont la contenance variera de 2 à 10 hectares selon le nombre des membres de la famille, leur profession et la qualité de 
   la terre; les semences, les instruments de culture et un cheptel en bestiaux indispensable à la mise en valeur des terres, selon les nécessités de chaque exploitation; 
   il vous sera aussi alloué des rations de vivres, jusqu'à ce que les terres soient mise en valeur.
    - Art 9: pendant la morte saison, les colons cultivateurs seront employés aux travaux d'utilité publique et recevront un salaire dans les conditions fixées par l'art 10.
    - Art 10: les colons ouvriers d'art seront immédiatement employés à l'installation définitive des cultivateurs et à l'établissement des centres, constructions d'habitations,
   enceintes, routes et autres travaux publiques. Ils pourront entreprendre ces travaux soit individuellement, soit par association. Leur salaires seront payés aux taux des 
   prix courants du pays, ou d'après les clauses et conditions d'un cahier des charges préalablement accepté
   par eux.
    - Art 11: les colons qui, après avoir été classés dans la catégorie des ouvriers d'art voudraient se fixer comme concessionnaires en obtiendront l'autorisation et des 
   terres encore disponibles dans la localité. Ils recevront dans ce cas, les diverses allocations déterminées par l'Art 8. Toutefois, cette faveur ne sera accordée qu'à 
   ceux qui en auront fait la demande dans les 3 ans de leur arrivée.

   Rajout du 19 déc 2025
   septembre 1850  dialogue entre un colon et un officier. ( Le 13ème convoi - J.Roseau et J.Fauque)

   Le colon  - "Creusez des puits"
                 - "Creusez des puits"...on sait bien qu'il faut creuser des puits !! Mais pendant qu'on creuse des puits, on travaille pas aux champs, ça devrait être payé !
   L'officier  - les puits, c'est votre affaire pas la notre !
   Le colon  - En tous cas, la France avant de nous envoyer ici, elle aurait pu au moins s'assurer qu'on aurait de l'eau toute l'année. Si on doit rester chaque année à la      merci de la sécheresse, autant repartir tout de suite.
   L'officier   - ne vous emballez pas ! on va trouver une solution pour l'irrigation. On va canaliser l'eau comme il faut.
   Le colon   - et l'eau potable, dans les maisons ?? Qu'est ce qu'on attend pour amener l'eau depuis la montagne ? Il y a pourtant des sources de l'autre coté. L'eau         des puits est saumâtre.
    C'est peut être bon pour le café, mais pour le reste !!
   L'officier   - là aussi, soyez patients, on va trouver une solution.
    Le colon  - une solution, une solution ! d'accord, mais quand ? Dans cent ans, oui peut être !

   ------ le colon se trompait sur ses estimations, s'il avait été devin, il aurait su qu'il n'y aurait que 71 ans à attendre. C'est en 1921 que l'eau potable              arriverait enfin au village.
  







                                          
                                                                                                                       ********                                                                                                                                                                                             

                                 



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