Vérités  sur  l'Algérie...

                                        ...d'avant 1962.




                    " Peut-être que votre professeur d’économie vous a enseigné que la pauvreté du Tiers-Monde est l’héritage de la colonisation. Quel non-sens ! Le Canada a été une colonie,
                   comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande ou Hong-Kong. En fait le pays le plus riche du monde, les Etats-Unis, fut jadis une colonie. Par contraste, l’Ethiopie, le Liberia, le Tibet,
                    le Sikkim, le Népal et le Bhoutan ne furent jamais colonisés et pourtant ils abritent les populations les plus pauvres du monde…
 » 
                     
Walter William -  Africain Américain  Professeur d'économie à l'Universitée de Virginie (Etats Unis)






 
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                                                   LA  MEDECINE


En 1830 l'armée Française trouve un pays sans médecins et sans hôpitaux, or à notre départ, l'équipement sanitaire pouvait être envié par plus d'un pays européeen. Pourtant il avait fallu initialement apprivoiser une population murée dans ses coutumes et acceptant la fatalité de la maladie et de la mort.

Aprés 1871, les pouvoirs de la médecine progréssèrent plus, en moins de 100 ans, que pendant des millénaires. Dépassant à peine 2 millions en 1872, le nombre des indigènes avait plus que quadruplé en moins d'un siècle. Sans la présence française, trois indigènes sur quatre n'auraient pas existé. 

Dans le Bled et quelques villes, on recourait à des tobba (pluriel de tabib devenu toubib pour les français), des guérisseurs, prétendus détenteurs de secrets médicamenteux. On rencontrait dans les marchés le barbier-chirurgien-arracheur de dents.

Les accouchements avaient lieu accroupie, cramponnée à une corde pendant d'une poutre. La sage femme "restait désarmée devant les dystocies fréquentes, fatales à l'enfant et souvent à la mère, dans d'abominables douleurs sans issues.

"Moeurs et coutumes des barbaresques étaientextrèmement éloignées de nos habitudes d'hygiène élémentaire: ils vivaient en trés bonne intelligence avec les poux et puces abondamment partagés dans les promiscuités serrées de la tente et des gourbis, nullement incommodés par les ordures et immondices, dédaigneux de chasser les mouches des étalages de dattes et de viandes ainsi que des paupières des enfants.
L'usage de marier des filles à peine nubiles et leurs grossesses immédiates aboutissaient, en leurs petits corps immatures, à des catastrophes. On ne s'en émouvait pas outre mesure, une femme n'étant qu'une créature inférieure, aisément remplaçable. Quant aux enfants qui mouraient en masse, la natalité surabondante les faisait vite oublier, surtout les filles."

"Tous ces interdits, coutumes, négligences se révélèrent extrêmement tenaces, certaines indéracinables en dépit de longs et patients efforts de persuasion."



                                                  hôpital de sétif
                                                             Hôpital de Sétif.

Maladies locales:

 Les maladies en Berbérie étaient multiples et graves, la peste et le choléra y étaient importés par les pélerins de la Mecque, celle de 1816 à 1822 avait fais périr à Alger plus de 20.000 personnes. La variole, maladie endémique a tué une fois sur deux en laissant aprés elle de nombreux aveugles.

Pendant l'hiver sévissait le typhus. La syphilis atteignait 60 à 80% de la population, bien des visages en portaient les stigmates, jusqu'à deux trous béants  à la place du nez.
Le trachome ajoutait beaucoup de cécités à celles de la variole: 25 aveugles sur 1000 habitants, 1 sur 100 dans le sud, au lieu de 8 sur 1000 en France à la même époque.


Dés les premières semaines, l'état sanitaire du corps expéditionnaire tournait au désastre, la prise d'Alger a coûté prés de deux fois plus de morts par maladie qu'au combat.
L'armée avait prévu 300 médecins, 5 hôpitaux de 300 lits, une ambulance par division et un hôpital d'évacuation à Port Mahon. Entre le 25 juin et le 15 août, 9.000 hommes durent être hopitalisés, beaucoup furent évacués sur Marseille et Toulon.

Entre 1831 et 1843, 50.261 militaires français périrent en Algérie, dont 2.295 de la main des adversaires, malgré le siège meurtrier de Constantine.
En 1832 à Bône, un soldat sur quatre mourait et l'année suivante un sur trois. Presque sans combattre, la garnison de Miliano forte de 1.136 hommes furent quasi anéantie. En 1840, un soldat sur six succombait à la maladie en Algérie.

En plus des maladies locales, les vagues successives de choléra asiatique venant du Proche-Orient et s'abattant sur l'Europe à partir de 1832 et jusqu'à la fin du siècle n'épargnèrent pas l'Algérie, pas moins de seize épidémies.
Pendant l'année 1836, 2.325 hommes sur 25.000 soldats périrent, 12 officiers de santé sur 70. en 1849, 79 infirmiers militaires trouvèrent la mort.

En 1834 un navire venantd'Espagne apporta le choléra à Mers el Kébir et de là à Oran (724 cas, 481 mortels), Mostaganem et Mascara. 1.200 morts l'année suivante à Alger, puis 14.000 à Constantine. En 1893 dans le Constantinois on comptera 15.000 cas et 6.000 décès.
La dysenterie sévissait également dans l'Oranie ainsi que la typhoïde.

Chaque année les villages des colons étaient ravagés. A la Trappe de Staouéli, les 38 moines furent tous atteints, 8 moururent ainsi que 47 des 150 détenus qu'ils employaient. 
500.000 morts indigènes en 1867 et 1868 lors de la grande famine emportant également beaucoup d'européens dont 12 médecins militaires et civils.

De 1830 à 1847 la mortalité infantile tua 3.707 enfants sur les 10.173 nés à Alger. Au Sahel c'était pire, 705 sur 1.522.
Jusqu'en 1856 les décès dans la population européenne l'emportèrent sur les naissances, sa mortalité était trois fois supérieure à celle de la Métropole.  Mortalité des européens 42,9%, des musulmans 32,4%, des juifs 21,6%.


Médecine militaire

Quinze ans aprés le débarquement en Algérie, les 418 médecins militaires disposaient de 38 hôpitaux et de 3 centres de convalescences, dont 2 auprés de sources thermales, Hammam-Righa et Hammam Meskoutine.




           hammam righa       Hammam meskoutine
                 Sanatorium de Hammam Righa                                                    Chutes d'eaux chaudes de Hammam Meskoutine


Plus de 4.000 lits dans la province d'Alger, 1.500 dans celle d'Oran, 960 sur Constantine.  L'hôpital du Dey était le second aprés le Val de Grâce. 
A des médecins de l'armée d'Afrique, l'Algérie et le monde sont redevables de découvertes capitales.
En 1834, 1.526 militaires sur les 5.530 furent emportés par le paludisme, Maillot, médecin-chef de l'hôpital de Bône se fit l'apôtre de la quinine, opportunément découverte en 1820 par les français Pelletier et Caventou, la substituant à la simple écorce de quiquina administrée jusque là.
Sur 11.593 entrants il n'enregistra plus que 538 décès. La mortalité avait été ramenée de 1 sur 3 à 1 sur 20.
Une autre découverte vit le jour à l'hôpital d'Alger. Hyacinthe Vincent jeune aide major avait été chargé en 1891 d'organiser le premier laboratoire de bactériologie de l'armée pour étudier la fièvre typhoïde. Ses recherches contribuèrent à la mise au point d'un vaccin qui sera par la suite diffuser, sauvant ainsi de nombreuses vies humaines.

Les médecins militaires se préoccupèrent également d'enseigner. Dés 1833, dans l'hôpital des Jardisn du Dey, le jeune major Baudens, âgés de 26 ans, entreprit un cours d'anatomie et Stéphanopoli de physiologie, à ces cours étaient conviés des auditeurs maures et juifs.



        hosto Tlemcen      Hosto Sétif
                 Hôpital de Tlemcen.                                                                        Hôpital de Sétif.

 

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Source "Cahiers du Centenaire de l'Algérie - Vol III page 19 à 20.

D'après le général Duvivier, l'expression qu'une masse d'hommes envoyée en Afrique s'y est acclimatée, est inexacte. Il n'y a pas eu acclimatement, il y a eu triage fait par la mort...  Le Dr Worms dit: La vitalité est affaiblie, un besoin irrésistible de repos domine tous les autres, le corps et l'âme ont dégénéré.

Chez les Créoles la mortalité annuelle des enfants d'un jour à 15 ans est de 121 sur 1.000. En France elle est de 27.

De 1831 à 1848, il y eut dans l'armée d'Afrique 74 décès sur 1.000 hommes, il y en a 19 en France.

En 1848, il est mort par maladie 4.406 soldats, et par le feu de l'ennemi, 13.

Lentement, d'année en année, par progrès successifs, à mesure que le marais s'assèche, les statistiques ont ruiné cette argumentation scientifique et rayé le mot de créole du vocabulaire. Voici la progression à Boufarik en particulier:
En 1843, la mortalité qui a été là de 1/5e par an commence à diminuer, et la direction de l'intérieur s'écrie déjà:  L'état sanitaire a dépassé toutes les espérances.

Mais une mort sur 17 habitants, c'est encore considérable et la proportion se maintient pendant longtemps autour de ce chiffre.
En 1844, 1/13, en 1846 1/15, en 1847 1/12, en 1848 amélioration brusque 1/28, en 1849 1/35, en 1850 1/34 et en 1851 1/31.
La mortalité infantile est encore considérable. En 1848, sur 74 désès il y a 25 enfants.
En 1854 les décès l'emportent encore sur les naissances, 121 décès contre 113 naissances, pourtant les enfants pullulent. Sur 2.553 habitants  il y a 1.479 enfants.
En 1855 les naissances et les décès s'équilibrent presque, 132 naissance contre 135 décès.
En 1856, l'équilibre est nettement rompu en faveur des naissances, 139 contre 77 décès. Mais sur ces 77 décès il y a encore 49 enfants.
Dix ans après, en 1866, la démographie a pris décidément une allure régulière, normale et même fort honorable, 1 naissance pour 33 habitants, 1 décès pour 51. Les chiffres français à la même date sont: 1 naissance pour 35 et 1 décès pour 41.

Cette fois le cap est franchi. Une race européenne nouvelle est née".


Il est intéressant de suivre le détail  vivant de cette terrible lutte sur un des points où elle fut le plus acharnée dans la Mitidja de Boufarik.


                                                                                                     *
                                                                                                   *  *

1er juin 2015   (Source "Cahiers du Centenaire de l'Algérie - Vol III)  

Il faut enregistrer maintenant le bulletin de victoire pour l’ensemble de l’Algérie.

La natalité des colons Européens oscille annuellement autour de 30 pour 1.000. Et malgré une proportion de décès qui tend à se réduire, l’excédent des naissances sur les décès oscille annuellement entre 7 et 9 (période 1905 à 1914).

L’analyse de ces chiffres par Peyerimhoff pour une année déterminée (1903) donne des résultats curieux. Il considère à part la natalité des villes (large proportion de fonctionnaires métropolitains) et celle des campagnes (colons proprement dits). L’écart entre les naissances et les décès est de 13,3% dans les campagnes, contre 9 seulement dans les villes, malgré l’infériorité à la campagne des installations hygiéniques, qui se traduit par un accroissement de la mortalité. Dans ces campagnes, si on distingue les colons français et les colons étrangers, on ne constate aucune différence de natalité, et même en 1903 la natalité française est légèrement supérieure à l’étrangère (37.1 contre 35.5).

La conclusion est qu’il se forme un peuple nouveau.

Dans quelle mesure cette race nouvelle est-elle Française ?
Les premiers colons que Trumelet désigne toujours nommément, portent invariablement de bons gros noms de chez nous ; ce sont des Girod, des Martin. Aujourd’hui, quand on parcourt de l’œil les enseignes d’une rue, ou une liste de candidats au baccalauréat, la bigarrure des noms français et étrangers fait une impression amusante, caractéristique à elle toute seule de l’Algérie.

Ces étrangers qui ont modifié l’onomastique sont venus généralement des îles méditerranéennes : Malte, la Sicile, la Sardaigne, les Baléares, de l’Italie napolitaine ou de l’Espagne andalouse. Gens acclimatés d’avance, entrainés ataviquement à des paysages, des cultures, des genres de vie quasi africains. Recrues précieuses, d’autant plus qu’ils se sont fondus sans difficultés dans l’ensemble. Leur venue a été une contribution importante, au point de vue physiologique, à la constitution de la race nouvelle.

On estime que les éléments d’origine française et étrangère s’équivalent à peu près. Au recensement de 1886 les étrangers étaient au nombre de 203.169 contre 219.627 Français.

Depuis 1886 il devient assez difficiles de faire le départ parce que la naturalisation des fils d’étrangers et le mariage de leurs filles a décidément  faussé les lignes générales.

L’administration algérienne a suivi la courbe de l’immigration étrangère avec une quiétude que trahissent les publications officielles jusque vers la fin du dernier siècle. Les faits ont tendu à calmer cette inquiétude. Au recensement  de 1926, sur une population européenne totale de 833.000, il ya 175.000 étrangers et 657.000 Français.

Il s’avère que l’Algérie a une puissance propre d’assimilation. Aucun clivage n’est apparu  dans le bloc des colons européens. Il s’est développé un ciment de patriotisme local très fort. Les colons, quelle que soit leur origine, sentent en Algériens.

Pour régulariser ce mouvement, l’administration est bien armée par le service militaire obligatoire et par  l’organisation de l’enseignement.

Une université régulièrement  organisée à Alger, trois lycées, Alger, Oran et Constantine ; pour ne rien dire de deux autres, celui de Tunis et celui de Rabat (Maroc), qui sont indépendants de l’organisation algérienne, mais qui ont nécessairement  en pratique des liens avec elle, ne fût-ce que la communauté des programmes, et qui  prolongent  son action.

Des collèges et un grand nombre d’écoles primaires. Le tout lié en une académie qui a un Recteur à sa tête.
C’est une reproduction de l’organisation métropolitaine.

Fils d’étrangers et fils de Français passent leurs brevets ou leur baccalauréat et font leur service militaire soit en Algérie, soit en France.

Il est temps de souligner le rôle général de l’administration dans la formation de la nouvelle race.

Evidemment dans ce phénomène énorme, ce phénomène biologique, qui est la naissance d’une nouvelle espèce humaine, les facteurs spontanés, incontrôlables, mystérieux, ont un rôle de premier plan.
Il a pourtant fallu aider l’éclosion.        



 


         


                                                   hopitaux de constantine  
                                                           Hôpitaux de Constantine.

                                      Batna hopital
                                                     Hôpital de Batna.

                                      tlemcen hopital
                                                       Hôpital de Tlemcen.


Tizi Ouzou Hopital  Relizane centre de santé
  Tizi Ouzou.  L'Hôpital.                                                                                                  Relizane.  Centre de Santé.





à suivre.....


 
 
 
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