Vérités  sur  l'Algérie...

                                        ...d'avant 1962.




                    " Peut-être que votre professeur d’économie vous a enseigné que la pauvreté du Tiers-Monde est l’héritage de la colonisation. Quel non-sens ! Le Canada a été une colonie,
                   comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande ou Hong-Kong. En fait le pays le plus riche du monde, les Etats-Unis, fut jadis une colonie. Par contraste, l’Ethiopie, le Liberia, le Tibet,
                    le Sikkim, le Népal et le Bhoutan ne furent jamais colonisés et pourtant ils abritent les populations les plus pauvres du monde…
 » 
                     
Walter William -  Africain Américain  Professeur d'économie à l'Universitée de Virginie (Etats Unis)






 

                                                           Divers (suite)



Article paru dans le journal El Watan


        Patrimoine - Article EL Watan


Afin de facilité la lecture voici une copie du texte.

     " Il semble que les gens à l’automne de leurs âges soient plus sensibles aux aléas de la vie que les plus jeunes, d’où cette mal-vie qu’ils ressentent quotidiennement. Malgré toute cette relative aisance matérielle qu’on vit actuellement, malgré tout le progrès social que notre pays a connu, on sent  une certaine amertume et un certain dégout dans nos cœurs qui nous empêchent d’être à l’aise.
Il est certain que celui qui a vu deux choses peut choisir facilement que celui qui n’a pas de choix. De même que celui qui a vécu à cheval entre deux âges peut aisément opter pour l’un au détriment de l’autre. C’est pourquoi une bonne partie des gens qui ont connu les années fastes de l’Algérie ont mal au cœur aujourd’hui de voir tout leur espoir fondre comme cela sans pouvoir faire quelque chose. Ils sont tous unanimes à dire qu’avant, on avait peu de moyens avec  beaucoup de volonté et maintenant c’est  tout à fait le contraire.

    Le pire, c’est que les jours à venir semblent plus sombres qu’ils ne le sont maintenant, à tel point qu’on crie en chœur que le jour qui passe est meilleur que celui qui va venir. Notre quotidien ne pousse guère à l’optimisme. Il n’y a qu’à jeter un coup d’œil aux journaux quotidiens pour se rendre compte des dégâts constatés : crimes, vols, viols, rapts, agressions, insultes, corruption et j’en passe.
Pourtant, en partant, la colonisation nous a laissés un patrimoine inestimable que nous n’avons malheureusement pas su garder soit par ignorance, soit par indiscipline, soit par bêtise. Il n’y a qu’à jeter un coup d’œil sur les villas encore visibles pour constater les dégâts. Ces belles constructions, entourées de grillages et de roses, bien peintes, avec  des entrées magnifiques…Elle nous a laissés des rues paisibles et ombragées, bordées de grands arbres avec de l’eau fraîche qui coulait le lond des caniveaux. Elle nous a légué des salles de cinémas, des stades de foot, de volley, des courts de tennis, des piscines…
C’est peut être peu de choses aux yeux de certains, mais après le départ des colons, nous n’avons pas su garder ce patrimoine dans l’état où ils l’ont laissé. Finalement, c’est nous les perdant car, à voir nos villes et villages en l’an de grâce 2015, avec comme exemple, la saleté partout, malgré tous les efforts des responsables des communes, malgré tous les moyens que l’Etat a mis à la disposition des collectivités, nous continuons toujours à nous rejeter la balle.
    Sur le plan humain, ça laisse beaucoup à désirer. Tout le monde se dit Musulman, tout le monde s’accorde à dire que la propreté fait partie de la foi et nos mosquées sont pleines à craquer les vendredis au point où on est obligé à prier à même les rues et les trottoirs. Une fois dehors, on devient des êtres inqualifiables.

 Qu’attendons-nous pour améliorer notre quotidien qui est devenu si morose ? Est ce que nos villes et villages ressemblent à ceux des années 1960-1970 ? Est ce que les gens sont heureux d’y vivre ? Que faisons-nous en dehors du travail qu’on n’accomplit même pas convenablement ? Deux solutions : c’est soit de cloitrer chez soi en attendant le lendemain, soit errer dans les rues et s’attabler dans les cafés. Il n’existe aucun moyen de distractions pour les adultes. C’est à croire qu’une fois qu’on a dépassé le stade de la jeunesse, c’est la mort qui nous attend…Et puis, même les petits enfants s’ennuient à en mourir,  Il y a quelques  aires de jeux pour se distraire mais elles sont peu nombreuses par rapport au nombre d’enfants. La plupart de nos enfants n’ont pour seule lieu de distraction que les rues. Quelques quartiers sont pourvus de sautoirs ou de toboggans,  d’autres malheureusement plus nombreux ne le sont pas. Les maisons de jeunes ne reçoivent que les garçons comme si le mot « jeune » est uniquement réservé aux garçons. Quant aux femmes, il est préférable de ne pas en parler, elles n’ont pas droit aux loisirs comme le pense une partie non négligeable de gens.

    Dans le passé, on n’avait pas besoin que l’Etat intervienne pour nous créer des espaces pour jouer, on le faisait par nous-mêmes. On avait la nature, les bois . On avait les terrains nus partout. Chaque quartier avait son petit stade où les bambins jouaient du matin au soir. L’oued, les puits et les séguias étaient nos piscines. On n’avait pas besoin de se déplacer jusqu’à Ténès ou Mostaganem pour aller nous rafraîchir.
On ne s’ennuyait jamais dans nos villes et villages. Aujourd’hui, il ne reste rien de  tout cela sauf ces souvenirs qui nous font tant souffrir et cette nostalgie qui nous détruit plus qu’elle nous régale….Dommage. "         

                                                                                                                                                               Slimane Bentoucha


                                                                  *********************

7 février 2016  (source Ces Maudits Colons  de Claire Janon).
 
"Un esprit dégagé de toute prévention politique ne peut manquer d’éprouver une grande estime pour l’œuvre de la colonisation française en Afrique du Nord. A ne considérer que l’Algérie, la région du Maghreb la plus défavorisée par la nature, il ne fait aucun doute que c’est aux cent trente années d’allégeance française qu’elle doit d’avoir vu sa population autochtone passer d’un million et demi à neuf millions d’âmes, et d’une civilisation de moyen âge oriental en pleine régression à un stade d’évolution et à un niveau de vie qu’on ne pouvait déjà plus, au lendemain de la dernière guerre, assimiler à ceux des pays sous-développés.

   Des statistiques qu’on ne soupçonnera pas de partialité en notre faveur, celles de l’UNESCO, indiquent qu’en 1954 la position de l’Algérie était infiniment meilleure que celle de l’Egypte et toute  proche de celle de la Grèce.  Production intérieure par habitant : 33.000frs en Egypte, 61.000 en Algérie, 76.000 en Grèce.  Produit national par habitant : 39.000, 75.000, 83.000 frs.  Part de l’Agriculture dans la production intérieure : 42%, 58%, 34%.
   Ce par quoi l’on est d’abord frappé est ce fait : l’Afrique du Nord qui, pour longtemps encore, tire de son sol la plus grande part de ses ressources, a pu faire face aux problèmes que pose, depuis la fin du XIXème siècle, la crue démographique qui l’assiège. Au recensement de 1956, la population algérienne représentait moins des trois millièmes de la population de l’univers, mais augmentait dans une proportion équivalent au centième de l’accroissement mondial… 280.000 bouches de plus à nourrir cette année là : un taux de croissance de 2,75%, l’un des plus élevés du monde : plus qu’au Japon.

   Faut il répéter ce qui fut si souvent dit et écrit ces dernières années : la population de l’Algérie avait quadruplé en un siècle. 1856: 180.000 Européens, 2.308.000 Musulmans…  1956: 1.100.000 Européens, 9.100.000 Musulmans. Et en 1960, chaque matin, la France en Algérie devait songer à faire vivre (nourrir, loger, instruire, soigner, administrer, employer), 740 personnes de plus que la veille. Déjà, cette année là, plus de la moitié de la population musulmane était âgée de moins de  vingt ans…
   Une comparaison ici s’impose : en 1956, l’excédent des naissances sur les décès en France, fut 260.000 pour 42 millions d’habitants ; en Algérie, pour une population quatre fois moindre, 260.000 également … Conséquence parmi d’autres, le problème du travail devenait insoluble sans industrialisation. En 1960 la population musulmane en état de travailler était évaluée à 2.400.000 personnes, en accroissement de près de 400.000 unités sur 1950. Le secteur agricole s’ouvrait alors à plus de 2.100.000 hommes en âge de travailler : 250.000 ouvriers permanents ; 650.000 fellahs ; 150.000 khammes (métayer) ; 250.000 pasteurs et un excédent de 850.000 : aides familiaux, ouvriers occasionnels et saisonniers. Et plus de 300.000 sans travail, irrémédiablement voués au prolétariat urbain qui les coupait des traditions locales et familiales, leur seule armature morale.

   Il faut à cette endroit ouvrir une parenthèse, le taux de mortalité infantile, chez les musulmans d’Algérie, en 1962, n’était que de 12,4 pour mille alors que l’Egypte en était encore à 18,4.. Or, une information de source officielle algérienne, diffusée par l’agence A.P.S indiquait au début de 1964 que « la population de la République algérienne s’est accrue de 40.000 habitants en 1963 ». Elle précisait que le taux de mortalité infantile avait atteint au cours de la même année, de 60 à 80 pour mille dans les centres urbains situés à l ‘ouest d’Alger, de 110 à 150 pour mille dans les centres urbains à l’est d’Alger. Au lieu de 12,4 pour 1000 en 1962 !
   Ce que l’on sait du marasme dans lequel stagnait l’économie de la Régence d’Alger, et singulièrement son économie rurale, à la veille de l’expédition de Bourmont, teinte de prodigieux cet abrégé statistique : l’expédition des seuls produits de l’Agriculture dans les années qui précédèrent l’indépendance de l’Algérie représentait presque les trois quarts des ventes à l’extérieur (métropole, trente deux pays de la zone franc et cent quatre autres pays étrangers), dont le total en 1960 s’élevait en volume à près de sept millions de tonnes, et en valeur à près de 2 milliards de nouveaux francs. (statistiques de la Région économique d’Alger, 1960)

                                                                                *****

 













 
 
 



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